Rapport d’échecs 2015

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Risquer l’échec institutionnel en oubliant de tester nos hypothèses de campagne

 sasha-caldera sam-burtonPar Sasha Caldera, coordinatrice de la mobilisation de circonscription et Samantha Burton, ancienne directrice de Politiques et plaidoyer

Durant l’élection fédérale de 2015, la campagne d’ISF n’avait qu’un seul but : bâtir de solides relations avec les candidats influents de tous les partis en démontrant qu’un nombre considérable de Canadiens se soucient du développement international. À cet égard, notre campagne – #PoliticsAside / #Partisaneriedecote – a été un franc succès. Des citoyens provenant de 90 % de toutes les circonscriptions du pays ont communiqué avec leurs candidats locaux et 170 candidats ont répondu à cet appel en prenant part à des conversations sur le rôle à jouer du Canada pour mettre fin à la pauvreté mondiale. De ceux-ci, 45 candidats – ce qui représente près de 13 % de tous les députés de la Chambre des communes – ont été élus; ces résultats donnent des assises solides à ISF pour développer des relations à long terme avec ces députés apôtres du développement au cours de cette 42e législature.

Bien que nous soyons très fiers de ces accomplissements, nous reconnaissons aussi que notre campagne #Partisaneriedecote a rencontré de nombreux obstacles. Ces difficultés provenaient de l’incapacité du Bureau national et de l’équipe de Politiques et du plaidoyer de vérifier de manière rigoureuse et constante la stratégie globale de notre campagne de même que les hypothèses sur lesquelles elle reposait.

En préparant le lancement de notre campagne, nous avons décidé de créer un outil en ligne pour permettre aux citoyens de communiquer avec les candidats dans leurs circonscriptions locales. Cependant, lorsque nous avons constaté qu’il n’y avait aucune base de données publique des candidats ni qu’aucune de leurs coordonnées était accessible, nous n’avons pas cherché à répertorier les groupes qui travaillaient déjà à collecter ces données. Ainsi, nous n’avons pas su tirer profit de la technologie déjà existante pour inciter la participation du public.

Nous avons plutôt décidé de la construire nous-mêmes. Des équipes de bénévoles ont donc eu la tâche laborieuse de chercher et de répertorier le nom, l’adresse, le code postal, les comptes Facebook et Twitter d’environ 1 400 candidats pour s’apercevoir en fin de compte que de nombreux candidats avaient choisi de ne pas publier ces informations. Nous avons investi des mois d’efforts à essayer de constituer une base de données exhaustive qui aurait répertorié les coordonnées des candidats, car nous avions fait une supposition erronée quant à la disponibilité des données. Tout cela aurait pu facilement être évité si l’on avait fait que quelques appels téléphoniques avant d’entamer le travail. Ultérieurement, nous avons découvert qu’une autre organisation, Nord Ouvert, avait déjà conçu un script afin de recueillir automatiquement ces données au fur et à mesure qu’elles étaient divulguées en ligne. Avec le recul, nous avons constaté que nous aurions pu combiner leur approche à la nôtre dès le début si nous nous étions donné la peine de rechercher les groupes qui travaillaient déjà sur ce problème.

Puisqu’ISF est un organisme d’apprentissage, relever nos erreurs – même en contexte de réussite – est quelque chose que nous nous devons de faire davantage; en outre, nous pourrions indéniablement améliorer notre capacité à cibler les situations où nous devrions prendre le temps de vérifier les hypothèses sur lesquelles nous établissons nos stratégies. À l’avenir, notre équipe aura pour objectif d’apprendre des autres organismes les techniques et outils qu’ils utilisent dans la conception de leurs campagnes; nous avons l’ambition d’adopter les meilleures pratiques existantes en fonction de nos besoins.

En tant qu’agents d’innovations sociales, le fait de veiller à ce que les stratégies développées par l’équipe soient rigoureusement analysées nous permettra de diminuer les risques d’échecs institutionnels (ou d’échecs organisationnels) qui pourraient compromettre une initiative pluriannuelle et faire perdre un nombre considérable d’heures de travail aux membres de l’équipe en plus de gaspiller nos ressources financières.

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Présentation du rapport d’échec 2015

Par David Damberger
Directeur général, M-KOPA Solar Tanzania

« Reconnaître NOS PROPRES ÉCHECS… ne fonctionnera pas.»

C’est ce que j’ai dit lorsque j’étais directeur des programmes de l’Afrique australe pour l’équipe de gestion nationale d’Ingénieurs sans frontières (ISF). C’était au même moment où l’idée d’un rapport échec était en pleine émergence, en 2008. Je plaidais que ce n’était pas ISF qui ne replissait pas ses engagements, mais le secteur du développement international que nous essayions d’améliorer en raison de son manque de transparence et de responsabilité. J’avais peur de m’avouer que nous ne savions pas vraiment ce que nous faisions. Je redoutais également le fait que l’on ne savait pas comment résoudre le problème. Je ne voulais pas risquer de voir notre réputation endommagée ou notre financement coupé en admettant que le fait de soutenir la gestion des coopératives de transformations agricoles et les programmes de technologie appropriée dirigée par des ONG ne fonctionnât pas.

Depuis, sept ans se sont maintenant écoulés et le Rapport d’échec annuel d’ISF est probablement le projet qui a le plus contribué à améliorer la transparence et la responsabilisation du secteur du développement international que tout ce que j’ai jamais pu mettre en pratique en tant que Directeur ISF. En exposant les erreurs qui sont commises à maintes reprises dans nos secteurs atones, ce rapport nous a contraints à avoir une honnête conversation sur les actions que nous accomplissons et sur les raisons pour lesquelles nous les faisons. Le rapport a permis de révéler les profonds défis structurels qui sont inhérents au secteur à but non lucratif et qui limitent les capacités des organismes – aussi bien intentionnées et qualifiées soient-elles – qui se voient dans l’obligation de respecter les exigences des donateurs, et ce, au détriment de la population qu’ils sont censés servir. Le rapport nous a ouvert les yeux sur les manières dont nous pouvons nous améliorer : s’entraider davantage, tout comme Emma Cabrera-Aragon l’explique dans Les leçons oubliées : Eau pour le monde 2015; améliorer notre façon de partager en suivant la structure de Boris Martin dans Une mauvaise récolte pour l’échec; être plus efficace dans nos apprentissages comme le propose Jonathan Haley et Gordon Chan dans La chasse aux suppositions, ou apprendre de ses échecs dans un contexte entrepreneurial.

En exposant les erreurs qui sont commises à maintes reprises dans nos secteurs atones, ce rapport nous a contraints à avoir une honnête conversation sur les actions que nous accomplissons et sur les raisons pour lesquelles nous les faisons.

Ce qui est plus important encore, c’est que le rapport nous a contraints à nous poser les questions difficiles en plus de nous forcer à remettre en questions notre vieille croyance enracinée qui supposait que le moyen le plus efficace pour aider à bâtir un monde meilleur se résumait à soutenir uniquement les organismes sans but lucratif et les gouvernements. L’analyse de nos réponses à ces questions nous a guidée vers notre modèle actuel d’investissement dans des initiatives. Nous avons pu constater, par le biais d’initiatives sociales à but lucratives, qu’il y avait un mécanisme structurel possible qui permettait de s’assurer que les organismes soient tenus responsables envers leurs bénéficiaires. Ma femme et moi travaillons actuellement dans le secteur « entreprise sociale » en Afrique de l’Est et nous pouvons attester haut et fort que cette approche fait en sorte que nos entreprises sont bien plus responsables et transparentes. Avant qu’il soit possible d’affirmer que ce secteur soit véritablement efficace à grande échelle, il a encore de nombreux défis à surmonter et de nombreux échecs à se produire qui, à leur tour, devront être identifiés afin d’en tirer des leçons.

Ce qui permet à ISF de parler si ouvertement de ses échecs est sa détermination à inspirer l’innovation par la réflexion et la communication. Avant de vous lancer dans la lecture du Rapport d’échec de cette année, je vous encourage à relever le défi et de vous joindre au mouvement en ayant le courage d’entamer la conversation, peu importe d’où vous venez ni où vous allez.

Sincères salutations,

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David Damberger

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RonanOPrésentation du rapport d’échec 2015

Perdre le fil de l’histoire

yalePar Yale Wang, stagiaire, Ingénieurs de demain
yalewang@ewb.ca

En tant que stagiaire (JF) d’Ingénieurs sans frontières à Toronto, je me suis donné pour défi de trouver comment les jeunes canadiens démunis perçoivent la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STIM). J’ai moi-même grandi dans une famille démunie, et je suis très intéressé et passionné par le domaine scientifique. J’ai donc voulu déterminer comment les approches existantes peuvent attirer les étudiants marginalisés dans les domaines STIM. J’ai été très touché par ce que j’ai découvert, mais à la fin, j’ai perdu de vue mon but initial et je n’ai pas pu trouver l’information adéquate qui m’aurait permis de répondre à ma question initiale.

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RonanOPerdre le fil de l’histoire