EWB in 2016

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Risquer l’échec institutionnel en oubliant de tester nos hypothèses de campagne

 sasha-caldera sam-burtonPar Sasha Caldera, coordinatrice de la mobilisation de circonscription et Samantha Burton, ancienne directrice de Politiques et plaidoyer

Durant l’élection fédérale de 2015, la campagne d’ISF n’avait qu’un seul but : bâtir de solides relations avec les candidats influents de tous les partis en démontrant qu’un nombre considérable de Canadiens se soucient du développement international. À cet égard, notre campagne – #PoliticsAside / #Partisaneriedecote – a été un franc succès. Des citoyens provenant de 90 % de toutes les circonscriptions du pays ont communiqué avec leurs candidats locaux et 170 candidats ont répondu à cet appel en prenant part à des conversations sur le rôle à jouer du Canada pour mettre fin à la pauvreté mondiale. De ceux-ci, 45 candidats – ce qui représente près de 13 % de tous les députés de la Chambre des communes – ont été élus; ces résultats donnent des assises solides à ISF pour développer des relations à long terme avec ces députés apôtres du développement au cours de cette 42e législature.

Bien que nous soyons très fiers de ces accomplissements, nous reconnaissons aussi que notre campagne #Partisaneriedecote a rencontré de nombreux obstacles. Ces difficultés provenaient de l’incapacité du Bureau national et de l’équipe de Politiques et du plaidoyer de vérifier de manière rigoureuse et constante la stratégie globale de notre campagne de même que les hypothèses sur lesquelles elle reposait.

En préparant le lancement de notre campagne, nous avons décidé de créer un outil en ligne pour permettre aux citoyens de communiquer avec les candidats dans leurs circonscriptions locales. Cependant, lorsque nous avons constaté qu’il n’y avait aucune base de données publique des candidats ni qu’aucune de leurs coordonnées était accessible, nous n’avons pas cherché à répertorier les groupes qui travaillaient déjà à collecter ces données. Ainsi, nous n’avons pas su tirer profit de la technologie déjà existante pour inciter la participation du public.

Nous avons plutôt décidé de la construire nous-mêmes. Des équipes de bénévoles ont donc eu la tâche laborieuse de chercher et de répertorier le nom, l’adresse, le code postal, les comptes Facebook et Twitter d’environ 1 400 candidats pour s’apercevoir en fin de compte que de nombreux candidats avaient choisi de ne pas publier ces informations. Nous avons investi des mois d’efforts à essayer de constituer une base de données exhaustive qui aurait répertorié les coordonnées des candidats, car nous avions fait une supposition erronée quant à la disponibilité des données. Tout cela aurait pu facilement être évité si l’on avait fait que quelques appels téléphoniques avant d’entamer le travail. Ultérieurement, nous avons découvert qu’une autre organisation, Nord Ouvert, avait déjà conçu un script afin de recueillir automatiquement ces données au fur et à mesure qu’elles étaient divulguées en ligne. Avec le recul, nous avons constaté que nous aurions pu combiner leur approche à la nôtre dès le début si nous nous étions donné la peine de rechercher les groupes qui travaillaient déjà sur ce problème.

Puisqu’ISF est un organisme d’apprentissage, relever nos erreurs – même en contexte de réussite – est quelque chose que nous nous devons de faire davantage; en outre, nous pourrions indéniablement améliorer notre capacité à cibler les situations où nous devrions prendre le temps de vérifier les hypothèses sur lesquelles nous établissons nos stratégies. À l’avenir, notre équipe aura pour objectif d’apprendre des autres organismes les techniques et outils qu’ils utilisent dans la conception de leurs campagnes; nous avons l’ambition d’adopter les meilleures pratiques existantes en fonction de nos besoins.

En tant qu’agents d’innovations sociales, le fait de veiller à ce que les stratégies développées par l’équipe soient rigoureusement analysées nous permettra de diminuer les risques d’échecs institutionnels (ou d’échecs organisationnels) qui pourraient compromettre une initiative pluriannuelle et faire perdre un nombre considérable d’heures de travail aux membres de l’équipe en plus de gaspiller nos ressources financières.

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