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La chasse aux suppositions, ou apprendre de ses échecs dans un contexte entrepreneurial

GChan_jpgJHaley_jpgPar Jonathan Haley et Gordon Chan, leaders d’une co-initiative, Services de développement des entreprises en Afrique (Ghana)
jonathanhaley@ewb.ca gordonchan@ewb.ca

Pourra-t-on espérer un jour appliquer ce que nous avons appris de nos échecs alors que nous avançons constamment en territoire nouveau et inconnu? Cet exercice vaut-il même la peine d’être réalisé dans le contexte hautement imprévisible qu’est l’entrepreneuriat social?

En 2015, l’équipe des Services de développement des entreprises en Afrique au Ghana a pris du recul par rapport à nos activités de consultation en agrinégoce afin de faire une auto-évaluation impitoyable. Nous étions efficaces en tant qu’entreprise mais étions loin de créer l’impact social à grande échelle que nous savions possible. Nous pris soin de départager nos échecs au niveau de la communication, du suivi, de l’évaluation et de l’efficacité stratégique, et nous nous sommes employés à apprendre de nos erreurs avec la ferme résolution de nous améliorer. Mais en dépit de nos meilleures intentions et de tous nos efforts, nous avons échoué systématiquement à mettre en pratique notre expérience durement acquise.

L’étude de nos échecs passés, quoique instructive, s’est avérée moins utile pour notre initiative, car nous n’étions pas en mesure de répéter les mêmes erreurs. Nous avions besoin d’une façon plus nuancée d’examiner nos échecs, qui ne se contenterait pas d’essayer d’extrapoler les résultats futurs à partir d’événements bien compris par le passé. En creusant un peu, nous avons réalisé que bien des échecs antérieurs prenaient racine dans les dizaines de suppositions tacites qu’engendre constamment l’émergence d’une nouvelle idée. Par exemple, nous avons été incapables d’évaluer l’ampleur du travail à accomplir parce que nous tenions pour acquis que les entreprises ne paieraient que les consultations individuelles à long terme. En réalité, nos clients étaient impatients de mener les projets selon d’autres méthodes leur offrant flexibilité et évolutivité. Ce constat a amené bien d’autres options que ce qui avait été initialement envisagé pour repenser nos consultations. Notre erreur n’est pas tant de ne pas avoir cherché à connaître les besoins de nos clients que l’incapacité de documenter et de remettre en question les suppositions fondamentales qui sous-tendent tout notre modèle d’affaires.

Le fait d’apprendre de ses échecs dans un environnement hautement imprévisible ne consiste pas à établir des listes de choses à éviter; il s’agit plutôt de bâtir une taxonomie de modes et de mécanismes d’échec qui peut servir à extraire et à tester efficacement les suppositions tacites. Tout en poursuivant le réalignement de notre initiative, nous allons continuer de réfléchir à nos erreurs en portant toutefois notre attention sur le « comment » de l’échec plutôt que le « quoi ». L’association des échecs à leurs suppositions d’origine et le développement d’un langage commun pour partager et communiquer ces mécanismes avec d’autres initiatives et organisations peuvent nous aider à amener la conversation sur l’échec à un autre niveau.

RonanOLa chasse aux suppositions, ou apprendre de ses échecs dans un contexte entrepreneurial
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