EWB in 2016

Perdre le fil de l’histoire

yalePar Yale Wang, stagiaire, Ingénieurs de demain
yalewang@ewb.ca

En tant que stagiaire (JF) d’Ingénieurs sans frontières à Toronto, je me suis donné pour défi de trouver comment les jeunes canadiens démunis perçoivent la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STIM). J’ai moi-même grandi dans une famille démunie, et je suis très intéressé et passionné par le domaine scientifique. J’ai donc voulu déterminer comment les approches existantes peuvent attirer les étudiants marginalisés dans les domaines STIM. J’ai été très touché par ce que j’ai découvert, mais à la fin, j’ai perdu de vue mon but initial et je n’ai pas pu trouver l’information adéquate qui m’aurait permis de répondre à ma question initiale.

La première moitié de mon stage de quatre mois a consisté à déterminer mon domaine de recherche principal. Après l’avoir trouvé, j’ai effectué des recherches sur la pauvreté en Ontario et j’ai cherché des personnes ainsi que des organismes qui s’occupent des jeunes défavorisés et sous-représentés. Vers la fin de l’été, j’ai été mis en contact avec Shellina Karmali, directrice générale de PEACH, une fondation communautaire Jane Finch. Elle m’a parlé des nombreux problèmes auxquels font face la plupart des jeunes démunis, leur peur de quitter leur quartier et le manque de ressources dont disposent les éducateurs et les organismes. L’entrevue m’a permis de déceler le gouffre entre les ressources et les bénéficiaires. Mais il ne me restait alors que deux semaines de stage et les problèmes angoissants soulevés par Shellina m’ont laissé avec plus de questions que de réponses.

Lorsqu’est venu le temps de présenter le résultats de mes travaux au gala d’ISF à Waterloo, j’ai mentionné la tendance générale : comment, dans une ville comme Toronto, les différentes communautés sont distribuées d’une façon hétérogène mais les ressources ne circulent pas d’un endroit à l’autre. J’ai essayé de raconter mes observations dans un style très différent des autres présentations ISF. Mon approche narrative s’est concentrée sur ma visite de la communauté Jane et Finch. Je voulais donner à l’auditoire une idée de la pauvreté dans notre propre ville et inciter les membres d’ISF à s’impliquer dans la communauté. Les gens ont été interpellés par l’histoire mais avaient, comme moi, plusieurs questions sans réponses.

La présentation peu ordinaire a confirmé le constat anecdotique que j’ai fait, sans mentionner les statistiques concrètes, les données quantitatives et les meilleures pratiques pour intéresser les jeunes démunis aux domaines STIM. En clair, j’ai dérogé de mes intentions premières et aux attentes d’ISF. J’aurai dû mieux planifier mon temps, me concentrer sur le but de mon stage, réfléchir à mes objectifs, aux attentes et à mes trouvailles, et les transmettre plus fréquemment afin de m’assurer de l’avancement de mon projet. Je me suis plutôt égaré dans de grands problèmes systématiques, et j’ai dû relever les mêmes défis que les stagiaires qui voyagent en Afrique : la difficulté de l’étranger à communiquer l’expérience de la pauvreté.

Mon échec m’a toutefois permis de redécouvrir l’importance de se rapprocher des gens qui ont vécu différentes expériences. C’est seulement en les écoutant et en comprenant leurs problèmes que nous pouvons commencer à les résoudre.

RonanOPerdre le fil de l’histoire
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